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Culture data en entreprise : une affaire de culture ?

Publié le 20/04/2026 • Agnès Cotignac

Collaborateurs analysant des données sur des écrans illustrant le développement d’une culture data en entreprise.
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La culture data en entreprise est aujourd’hui partout… les outils aussi. Pourtant, malgré les investissements réalisés ces dernières années, les usages restent souvent limités. Tableaux de bord peu consultés, analyses sous-exploitées, décisions encore largement basées sur l’intuition… Le constat est largement partagé. Pour les entreprises, la question n’est donc plus “Faut-il investir dans la data ?”, mais “Comment la rendre réellement utile au quotidien, comment embarquer les métiers et comment ancrer les usages dans la durée ?”.

Dans cet épisode d’Impulsions Numériques, nous avons fait le point avec trois regards complémentaires :


Un constat ressort nettement : le principal frein n’est pas technologique. La data est avant tout une affaire de culture, et c’est cette culture qui conditionne le passage de la donnée disponible… à la donnée réellement utilisée.


Une donnée omniprésente… mais encore sous-exploitée


La data est partout dans l’entreprise. Chaque processus, chaque interaction, chaque outil en génère. Qu’il s’agisse de données financières, RH, industrielles ou commerciales, les volumes n’ont jamais été aussi importants.

Dans certaines fonctions, la maturité est déjà bien installée. Les directions financières ou les ressources humaines disposent depuis longtemps de systèmes structurés, avec des indicateurs fiables et des outils de pilotage adaptés. Mais dès que l’on s’intéresse aux données métiers, la situation change. Les sources se multiplient, les formats diffèrent, les outils ne communiquent pas toujours entre eux. La donnée existe, mais elle reste fragmentée, parfois difficile à exploiter.

Ce n’est donc pas un problème de volume ou de disponibilité. C’est un problème d’usage.

“Les données sont omniprésentes dans l’entreprise, mais l’enjeu aujourd’hui se situe surtout autour des données métier, avec des niveaux de maturité très variables d’une organisation à l’autre.”
thomas-durand.avif
Thomas DURAND

Consultant • Altimis Group

Le vrai sujet : l’appropriation par les métiers


Pendant longtemps, les projets data ont été portés par les équipes IT. Logiquement, puisque la priorité était d’industrialiser les flux, de structurer les données, de mettre en place les outils.

Mais aujourd’hui, la question a changé. Le véritable enjeu n’est plus de produire de la donnée, mais de la faire vivre dans l’entreprise. Or, cette étape repose sur un facteur clé : l’appropriation par les métiers.

Sans cela, même les meilleures plateformes restent sous-utilisées. Les tableaux de bord existent, mais ils ne sont consultés qu’à la marge. Les analyses sont produites, mais elles ne transforment pas les décisions. Autrement dit, la donnée reste en périphérie des pratiques, alors qu’elle devrait en être le cœur.

"Si les métiers, les managers et l’organisation ne s’approprient pas la donnée, la culture data ne peut pas prendre.”
thierry-danzo.avif
Thierry DANZO

Responsable développement des usages Data et IA générative • IFPEN

Installer une culture data, c’est faire évoluer les pratiques


Développer une culture data ne consiste pas à “faire de la data pour faire de la data”. L’objectif est ailleurs. Il s’agit de faire évoluer la manière dont l’entreprise travaille, arbitre, priorise et pilote son activité.

La donnée permet de mieux comprendre une situation, d’objectiver un diagnostic, de suivre une trajectoire ou d’anticiper un risque. Mais pour produire cet effet, encore faut-il qu’elle soit mobilisée au bon moment, par les bonnes personnes, avec le bon niveau de lecture.

C’est là qu’intervient tout le travail d’acculturation. Former sans sur-spécialiser. Donner des repères sans complexifier. Créer des réflexes d’usage, sans transformer tous les collaborateurs en experts de la BI, des pipelines de données ou des référentiels.

Cette dynamique repose aussi sur une idée simple : les équipes IT et data jouent un rôle d’appui, mais ce sont bien les métiers qui portent les cas d’usage. Ce sont eux qui savent quelles données sont utiles, quelles analyses ont de la valeur, quels indicateurs éclairent vraiment l’action.


Gouvernance, vocabulaire, outillage : les fondations sont indispensables


Parler de culture ne signifie pas faire l’impasse sur la structuration. Au contraire. Une culture data solide suppose un cadre clair.

Cela passe d’abord par une gouvernance de la donnée. Qui produit quoi ? Qui valide ? Qui exploite ? Qui arbitre les priorités ? Quels sont les cas d’usage à traiter en premier ? Comment sécuriser l’accès aux informations ? Comment fiabiliser les sources ? Sans réponse à ces questions, les usages restent fragiles.

Il faut également créer un langage commun. Dans beaucoup d’entreprises, un même terme peut recouvrir plusieurs réalités selon les équipes. Cette absence d’alignement nuit directement à la compréhension et à la confiance. Là encore, le sujet peut sembler secondaire, mais il est en réalité structurant.

“Mettre en place un dictionnaire de données permet d’unifier le vocabulaire et de fiabiliser la compréhension dans toute l’entreprise.”
herve-durand.avif
Hervé Durand

Chargé du pôle de service Data Factory • IFPEN

Ce travail sur les référentiels, les labels, les définitions et les grandeurs manipulées est une condition essentielle pour construire des usages durables.

Enfin, les outils gardent bien sûr toute leur place. Datavisualisation, plateformes de traitement, ETL, MDM, référentiels, tableaux de bord… mais ils doivent rester au service des usages. Un bon outil ne crée pas à lui seul une culture data. En revanche, un outillage cohérent, partagé et compris facilite très fortement son développement.


Une transformation progressive, pas un chantier ponctuel


La culture data ne se déploie pas comme un projet classique avec un début, une fin et un jalon de clôture. C’est une transformation progressive. Elle se construit par étapes, au rythme des cas d’usage, des besoins, des ajustements et des apprentissages.

Les entreprises qui avancent le mieux sur ces sujets sont souvent celles qui restent pragmatiques. Elles commencent par traiter des besoins concrets. Elles montrent rapidement une valeur visible. Elles renforcent progressivement les fondations. Et elles élargissent ensuite le périmètre.

Cette approche progressive est importante, car elle permet de ne pas décourager les équipes. La culture data ne se décrète pas par un grand discours. Elle se bâtit dans le quotidien, dans la répétition, dans les arbitrages, dans les échanges entre métiers et fonctions support, dans la capacité à relier la donnée à des situations réelles de pilotage.

Ce qu'il faut retenir


  • La culture data est déjà largement présente dans l’entreprise, mais reste encore sous-exploitée dans les métiers.
  • Le principal frein n’est pas technologique, mais lié à l’appropriation et aux usages.
  • Les métiers et les managers sont au cœur de la démarche, au-delà des équipes IT et data.
  • La mise en place d’une gouvernance et d’un langage commun est indispensable pour fiabiliser les données.
  • La culture data se construit progressivement, par cas d’usage, dans la durée.
  • La réussite repose sur une gouvernance transverse et une approche progressive.

La question n’est plus de savoir si l’entreprise doit se saisir de la data. Elle l’a déjà fait, au moins en partie. Les outils existent, les données sont là, les plateformes se multiplient. Le véritable enjeu est désormais de transformer cette base en usages réels, utiles et durables.

C’est là que la culture data prend tout son sens. Elle ne relève ni d’un effet de mode ni d’un sujet réservé aux spécialistes. Elle traduit une évolution plus profonde de l’entreprise : une façon plus structurée, plus partagée et plus éclairée de travailler avec l’information.

En définitive, faire de la data une affaire de culture, c’est lui redonner sa juste place : non pas un sujet parallèle, mais un levier concret pour mieux comprendre, mieux décider et mieux piloter l’activité dans le temps.

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